La crise qui secoue l'industrie horlogère suisse est un sujet brûlant à l'heure où s'ouvre le salon Watches and Wonders à Genève. Les experts du secteur s'inquiètent de l'impact des tensions géopolitiques et économiques mondiales sur cette industrie emblématique. Olivier Müller, consultant en horlogerie, décrit cette crise comme particulièrement aiguë, soulignant l'accumulation de facteurs négatifs.
L'impact des tensions géopolitiques
La guerre au Moyen-Orient est un coup dur pour l'horlogerie suisse. Cette région, qui absorbe 10% des exportations horlogères, est à l'arrêt quasi-complet. Yves Bugmann, président de la Fédération horlogère, souligne l'importance de cette région pour le tourisme et l'économie horlogère suisse. Les Émirats arabes unis, l'Arabie Saoudite et le Qatar sont des marchés clés, et leur situation actuelle est préoccupante.
Une épée de Damoclès au-dessus de l'industrie
Au-delà de la baisse des exportations, Olivier Müller craint les répercussions sur l'économie américaine, un marché vital pour le secteur. L'incertitude est grande, car les droits de douane américains ne sont toujours pas fixés. L'instabilité de l'administration Trump est un poison pour les affaires, selon Müller. L'expert souligne le risque d'une stagflation aux États-Unis, qui pourrait avoir des conséquences désastreuses.
Conséquences sur l'emploi
La conjoncture actuelle a des répercussions sur l'emploi dans l'industrie horlogère. Les RHT (réduction de l'horaire de travail) apportent un soulagement temporaire, mais ils ne sont pas une solution à long terme. Yves Bugmann précise que les RHT bénéficient actuellement à un quart des sociétés de sous-traitance. Olivier Müller insiste sur le fait que les RHT doivent rester une mesure à court terme, car ils ne peuvent pas résoudre les problèmes structurels de l'industrie.
Un optimisme prudent
Malgré ces défis, Olivier Müller reste optimiste. Il souligne la reconnexion avec la génération Z, qui s'intéresse à nouveau aux montres conventionnelles. L'innovation est au cœur de la stratégie de l'industrie, avec une multitude de lancements, de couleurs, de matières et de complications mécaniques. Le Swiss Made continue d'attirer, et les ventes aux États-Unis résistent malgré les droits de douane.
En conclusion, l'industrie horlogère suisse fait face à des défis majeurs, mais elle reste résiliente et innovante. Les experts espèrent que les mesures temporaires, comme les RHT, permettront de traverser cette période difficile. L'optimisme est de mise, mais il faut rester vigilant face à l'incertitude géopolitique et économique mondiale.